Groupe de travail sur les droits de la personne dans la politique étrangère canadienne

Groupe de travail sur les droits de la personne dans la politique étrangère canadienne

Un nouveau gouvernement canadien a été élu. Comment le Canada peut-il promouvoir les droits de la personne à travers ses politiques étrangères? Comment le Canada peut-il contribuer aux efforts globaux de la protection des droits humains? Le CÉPI a convoqué un groupe de travail composé d’experts spécialisés en politique et leur a posé ces questions.

Un nouveau gouvernement canadien a été élu. Comment le Canada peut-il promouvoir les droits de la personne à travers ses politiques étrangères? Comment le Canada peut-il contribuer aux efforts globaux de la protection des droits humains? Le CÉPI a convoqué un groupe de travail composé d’experts spécialisés en politique et leur a posé ces questions. Leur rapport, basé sur des mois de délibération et de consultations, énonce des recommandations politiques importantes pour le nouveau gouvernement canadien.

Groupe de travail sur les droits de la personne dans la politique étrangère canadienne

John Packer (co-président)
Directeur du Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne à l’Université d’Ottawa

David Petrasek (co-président)
Professeur agrégé à l’École supérieure en affaires politiques et internationales à Université d’Ottawa

Leilani Farha
Directrice générale de Canada Sans Pauvreté

Alex Neve
Secrétaire général d’Amnistie internationale Canada

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Sommaire

La dynamique actuelle de la scène internationale pose de nombreuses menaces aux droits de la personne et au régime international mis en place pour protéger ces droits. Mais l’importance des droits de l’homme n’a guère diminué dans les discussions internationales. Au contraire, la nature des débats sur les droits de la personne est en plein changement. Il y a moins d’emphase sur la « mise au pilori » et davantage sur le dialogue et la coopération. Dans ce nouveau contexte, la façon dont le Canada aborde le monde est tout aussi importante que les défis qu’il relève.

Le Canada devrait accorder la priorité au multilatéralisme, rendre le dépliement persistant, et démontrer une diplomatie habile lors de ses engagements à long-terme. Le développement de nouveaux partenariats est aussi indispensable à la poursuite des objectifs en droits de la personne. Le fait d’aller au-delà des vieux paramètres pour engager des démocraties moyennes, rejoindre les réseaux en droits de la personne dans les pays du Sud, et engager des autorités infra-étatiques, tels que les gouvernements régionaux et municipaux, peut créer de nouvelles opportunités pour progrès des droits de la personne et contribuer à leur meilleure réalisation. Les politiques canadiennes sur les droits de la personne devraient chercher à agir à travers leur vaste éventail, y compris les droits internationaux à la santé et à l’égalité d’accès aux services de base par les personnes pauvres. Le Canada a l’opportunité de prêcher par l’exemple, en conservant un agenda des droits de la personne tant au sein pays qu’à l’étranger.

Dans le cadre de ce contexte, les quatre initiatives suivantes peuvent être considérées :

  1. Les villes : En reconnaissance de l’urbanisation rapide à travers le monde, le Canada pourrait sensibiliser et soutenir la notion selon laquelle les autorités municipales sont des acteurs importants. Ces derniers peuvent et doivent jouer un rôle crucial pour promouvoir les droits de la personne et devraient être habilités à le faire (et tenus responsables s’ils échouent). Les défis en matière de droits, tels que les services policiers, l’hébergement, l’accès aux services essentiels, l’éducation, et l’intégration sociale, tombent en règle générale sous la portée des autorités municipales. Le Canada pourrait promouvoir la création de plateformes pour les villes de l’Habitat III de l’ONU à Nairobi en 2016. Il pourrait aussi faire pression pour une plus grande intégration des perceptions municipales lors des délibérations de l’ONU et encourager l’implication des villes canadiennes dans un dialogue international émergent autour du concept de « la ville des droits de la personne ».
  1. Les femmes : Le rôle de leadership du Canada pour la promotion internationale des droits de la femme a diminué dans les dernières années. Il y a une opportunité pour le Canada de faire des droits des femmes un objectif clé dans sa politique étrangère, tout en mettant l’accent au pays à travers la mise en place d’une enquête nationale sur l’assassinat des femmes et jeunes filles autochtones. L’application d’une optique des droits humains au soutien existant pour la santé maternelle, du nouveau-né, et de l’enfant, peut mener à d’avantage de financement pour les programmes reliés aux droits sexuels et reproductifs.
  1. Les mineurs globaux du Canada : Le Canada ne joue qu’un rôle modeste ou marginal dans ses efforts pour assurer que ses sociétés minières respectent les droits humains à l’étranger. Pourtant, le pays est le foyer d’une majorité des sociétés minières de la planète, et les bourses du Canada tiennent compte d’une large quantité de l’investissement global dans l’industrie minière. Le Canada devrait mettre en œuvre un plan national qui énoncerait de quelle manière les politiques et le droit canadien soutiennent l’implantation des Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Il devrait aussi implanter le rapport final des Tables rondes nationales 2007 sur la responsabilité sociale des entreprises et le secteur canadien de l’extraction minière dans les pays en développement.

Terrorisme global : Après plus d’une décennie d’investissements accrus en politiques de sécurité et de lutte contre le terrorisme, il semblerait que la menace mondiale de terrorisme islamique et ceux d’autres formes est à peine diminuée. Effectivement, dans certains pays, ces menaces sont nettement plus importantes. La recherche et la programmation sur les stratégies d’engagement pour dissuader ceux qui souhaiteraient se joindre à des groupes terroristes, ou visant à « déradicaliser » ceux qui les ont déjà rejoints, ne reçoivent qu’une fraction des fonds consacrés à la surveillance ou aux opérations anti-terroristes outre-mer. Le Canada devrait sensiblement augmenter son financement pour la recherche et les programmes de « déradicalisation ». Il devrait établir une Commission globale sur la lutte contre l’extrémisme afin d’enquêter et de faire rapport sur les moyens de lutter contre l’idéologie extrémiste et prévenir la radicalisation.

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Les rapports sur la politique du Canada et le monde

Nouvelles orientations pour les politiques internationales canadiennes

En Janvier 2015, le CÉPI a convoqué quatre groupes de travail constitués d’experts universitaires et de praticiens en politiques pour préparer des recommandations dans quatre domaines d’action: la sécurité et la défense internationale, le développement international, le commerce et les échanges internationaux, et le droit international de la personne. Dans les mois qui ont suivi, les groupes de travail se sont réunis, ont eu de nombreuses consultations, ont délibéré et ont rédigé leurs rapports et leurs recommandations. Les rapports finaux seront publiés dans les semaines suivant immédiatement le Octobre 19, 2015, élection fédérale.

La politique de sécurité internationale et de défense du Canada
Co-présidents: Rob McRae et James R. Mitchell

Vers l’année 2030 : susciter l’engagement du Canada avec le développement durable global
Co-présidents: Margaret Biggs and John McArthur

L’ère du laisser-aller est révolue : Une stratégie commerciale canadienne pour le XXIe siècle
Co-présidents: Ailish Campbell et Elaine Feldman

Les droits de la personne dans la politique étrangère canadienne : nouvelles avancées
Co-présidents: John Packer et David Petrasek

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