En automne 2008, le CÉPI organisera une série d’ateliers qui porteront sur la nature changeante de la gouvernance mondiale. Ces ateliers fourniront aux spécialistes de la gouvernance mondiale de l’Université d’Ottawa un forum structuré où ils pourront partager des idées et des projets de recherche en cours et où pourront être explorées des possibilités de nouveaux projets et partenariats. Des experts venant du monde entier seront également invités à participer à ces ateliers et à y présenter leurs travaux, permettant ainsi de renforcer les réseaux intellectuels et professionnels et de positionner l’Université en tant que pôle dans le domaine de la recherche sur la gouvernance mondiale.

Pourquoi la « gouvernance mondiale » ?

La mondialisation rapide du commerce, de l’investissement, de la production, de la technologie, des communautés, des réseaux criminels, de la pollution et des maladies contagieuses a été un élément marquant des deux dernières décennies. Ces changements ont entraîné l’apparition d’un nombre grandissant de problèmes transnationaux que les États ne peuvent résoudre en agissant seuls. Cependant, plusieurs des grandes organisations internationales contemporaines ont été créées à une époque différente – immédiatement après la Seconde guerre mondiale – et luttent aujourd’hui pour s’ajuster aux défis associés à la mondialisation et à la montée en puissance de nouveaux acteurs allant des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) aux acteurs non-gouvernementaux, incluant les grandes firmes et groupes de pression.

Certains observateurs sont d’avis qu’il y a un fossé grandissant entre le besoin et l’offre de coopération transnationale pour relever les défis croissants associés à la mondialisation – un fossé qui aurait donné lieu à une « crise de gouvernance mondiale ». D’autres observateurs sont plutôt d’avis qu’une panoplie de structures de gouvernance mondiale a émergé depuis quelques années et comble ainsi en partie ce fossé. Plusieurs de ces nouvelles structures ont très peu en commun avec les organisations internationales officielles créées après la Seconde Guerre mondiale : elles varient énormément en ce qui a trait à leur structure et composition organisationnelles, elles comprennent différentes combinaisons d’acteurs publics et privés, et elles opèrent souvent simultanément à plusieurs « niveaux », allant du mondial au local.

Questions et thèmes centraux

Les ateliers exploreront la portée, le caractère, la signification et les implications des changements dans les structures et pratiques de la gouvernance mondiale. Chaque atelier exposera les travaux d’un expert ou groupe d’experts. Certains se concentreront sur des domaines de politique précis (par exemple, la gouvernance environnementale mondiale) tandis que d’autres aborderont des questions qui englobent plusieurs domaines de politique (par exemple, les sources de « légitimité » dans la gouvernance mondiale). Afin de faciliter le déroulement de discussions structurées et cumulatives d’un atelier à un autre, chaque présentateur devra répondre à la question suivante : que révèle votre recherche au sujet de la portée et de la nature du changement en cours dans la sphère de la gouvernance mondiale ? De façon plus précise, nous analyserons ces changements autour des trois dimensions suivantes :

  1. Public – privé. Nombreux sont ceux qui soutiennent que nous assistons à une privatisation de la gouvernance, à une gouvernance par l’entremise de partenariats public-privé, à une hybridation des relations public-privé de la gouvernance mondiale ou encore que les frontières conceptuelles entre le public et le privé se reconstituent à travers des nouvelles formes de gouvernance mondiale. Comment cette frontière, qui est centrale aux catégories sociales et politiques, se redessine-t-elle au sein de la gouvernance mondiale ?
  2. Nouvelles «géographies» de la gouvernance. Certains soutiennent que la gouvernance mondiale est de plus en plus « multi-niveaux » ou « multiscalaire». D’autres soutiennent plutôt que nous assistons à une « déterritorialisation » de la gouvernance ou parfois plutôt à une déterritorialisation et reterritorialisation simultanées. D’autres sont d’avis que des nouvelles formes d’implications de la vie quotidienne sont présentes dans les structures et pratiques de la gouvernance mondiale. Quelle est l’importance de ces nouvelles géographies et comment se comparent-elles aux rapports de gouvernance traditionnels entre États souverains ?
  3. Formel – informel. Traditionnellement, la gouvernance est prise comme une articulation des règles formelles – droit public international, traités multilatéraux ou bilatéraux. Plusieurs soutiennent que les formes de gouvernance contemporaine s’organisent moins par des énoncés formels de règles mais plus à travers une variété de processus informels – développement de normes, «soft law», gouvernance par la transparence, poids moral, par exemple. Pour certains, le terme «gouvernance»»  lui-même implique un tel changement vers des pratiques informelles de gouvernance. Quelle a été la portée de ce changement jusqu’à maintenant ?

Si ces changements sont aussi profonds  que certains le soutiennent, alors ils ont un nombre importants d’implications. Les participants aux séries d’ateliers s’intéressent particulièrement à trois de ces implications, plus précisément autour des questions de pouvoir, de légitimité et d’efficacité :

  1. Pouvoir. Quels acteurs ont le pouvoir d’influencer les formes de gouvernance à leur avantage? Quelles formes de pouvoir sont à l’oeuvre dans ces nouvelles pratiques de gouvernance ?
  2. Légitimité. Qu’en est-il de la légitimité de ces nouvelles structures et pratiques de gouvernance, tenant compte du fait qu’elles s’appuient rarement sur le statut souverain des États qui constitue le fondement de la légitimité de la gouvernance interétatique « traditionnelle » ?Comment les acteurs impliqués légitimisent-ils leurs pratiques de gouvernance?
  3. Efficacité. Avec quelle efficacité les nouvelles formes réagissent-elles aux problèmes qu’elles devraient résoudre?

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