Date: 30 janvier 2018 - 12:00 à 13:30
Lieu: FSS 4004, 120 University Privé
Il y a une division parmi les spécialistes néo-gramsciens aux approches matérialistes historiques et ceux aux théories poststructuralistes qui mettent en avant la dimension discursive de l’hégémonie. En utilisant le débat sur l’identité nationale russe comme illustration empirique, je préconise un échange conceptuel plus intense par-dessus cette division. Je propose de le faire sur la base d’une ontologie moniste, où l’hégémonie sert de base ontologique primaire à un large éventail de phénomènes, y compris la multiplicité internationale en tant que telle. D’un côté, cela se rapproche de la recherche récente sur le développement inégal et combiné, et en particulier à la vision de Justin Rosenberg de l’inégalité en tant que caractéristique fondamentale de l’international. D’autre part, une telle approche amène à un nouveau niveau la discussion sur la colonisation interne russe et l’impérialisme subalterne. La position des intellectuels russes entre deux ordres hégémoniques, mondiaux et nationaux, explique la quête perpétuelle de la nation pour une identité européenne sûre, combinée à l’affirmation tout aussi persistante de son authenticité et de sa supériorité spirituelle.
Viacheslav Morozov est professeur en études sur les relations entre l’Europe et la Russie à l’Université de Tartu, il préside également le Conseil sur les relations entre l’Europe et la Russie l’Université de Tartu (Centre for EU-Russia Studies CEURUS). Avant de s’établir en Estonie en 2010, il a enseigné pendant 13 ans à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg en Russie. Ses recherches actuelles explorent la manière dont le développement politique et social de la Russie a été conditionné par la place du pays dans le système international. Cette approche a été présentée dans son ouvrage le plus récent intitulé Russia’s Postcolonial Identity: A Subaltern Empire in a Eurocentric World (Palgrave, 2015), tandis que la dimension comparative est explorée, entre autres, dans un livre précédent intitulé Decentring the West: The Idea of Democracy and the Struggle for Hegemony (Ashgate, 2013). Il est membre du Programme sur les nouvelles approches de la recherche et de la sécurité en Eurasie (Program on New Approaches to Research and Security in Eurasia PONARS Eurasia). De 2007 à 2010, il a siégé au Conseil exécutif de l’Association des études internationales d’Europe centrale et orientale (CEEISA).