Date: 6 février 2026 - 11h30 à 13h00
Lieu: FSS 4006, 120 Université Privé, Université d\'Ottawa
Présenté par le CÉPI et le Réseau de recherche en économie politique internationale (RÉPI)
Vingt-cinq ans après l’adoption du Protocole des Nations Unies contre la traite des personnes, les gouvernements ont fait de la lutte contre la traite et le travail forcé une priorité dans leurs politiques publiques. Cette conférence identifiera et examinera les aspects clés du régime de gouvernance contemporain mis en place pour lutter contre ce problème endémique, notamment l’intégration de dispositions contre le travail forcé dans les accords tarifaires bilatéraux, les initiatives sociales des entreprises et la législation sur la transparence, les lois sur la diligence raisonnable en matière de droits humains, les litiges stratégiques et les interdictions d’importation de produits issus du travail forcé, dont celle récemment adoptée par le Canada. Elle examinera l’interaction entre la gouvernance publique et privée dans ces domaines politiques, ainsi que l’impact significatif que cela a sur la question de savoir si les travailleurs bénéficient finalement de ces efforts. Plus précisément, la montée en puissance et l’influence des entreprises dans cet espace réglementaire risquent de compromettre le potentiel de ces interventions à susciter des changements significatifs dans les pratiques commerciales qui permettent, voire encouragent, une exploitation sévère dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Conférencière :
Genevieve LeBaron est professeure émérite en gouvernance de la chaîne d’approvisionnement mondiale à l’École de politique publique de l’Université Simon Fraser (Vancouver, Canada). Elle mène des recherches sur le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et sur l’efficacité des efforts de gouvernance publics et privés pour le combattre. Elle est membre du groupe consultatif sur l’esclavage moderne et la chaîne d’approvisionnement du Parlement britannique et a été élue au Collège de la Société royale du Canada en 2020.
Présidente :
Jacqueline Best est professeure titulaire à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Ses recherches se situent à l’intersection des relations internationales, de l’économie politique et de la théorie sociale. Ses recherches actuelles portent sur le rôle de l’exceptionnalisme, de l’échec et de l’ignorance dans la politique économique, en retraçant leur évolution depuis les débuts du néolibéralisme jusqu’à aujourd’hui.

