
Date: 3 novembre 2025 - 9h00 à 14h00
Lieu: FSS 4004 et en ligne, 120 Université Privé, Université d\'Ottawa
Présenté par le CÉPI, le Réseau des études asiatiques, la Chaire de recherche sur les études taïwanaises et l’École d’études sociologiques et anthropologiques, avec le soutien financier d’Affaires mondiales Canada
Cette conférence d’une journée s’appuie sur l’un des cinq piliers de la stratégie du Canada pour l’Indo-Pacifique, « Investir dans les gens et tisser des liens entre eux », et plus particulièrement sur sa promesse de poursuivre la réconciliation avec les peuples autochtones de la région et de soutenir la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. L’un des domaines peu étudiés dans les relations internationales est la manière dont les musées servent de médiateurs dans les relations entre les nations. Bien que les musées soient issus des actions coloniales du XIXe siècle, ils deviennent aujourd’hui des lieux de réconciliation et de décolonisation. Avec des universitaires autochtones et non autochtones du Canada, des États-Unis, de Taïwan et du Japon, nous explorerons les relations entre les nations telles qu’elles se révèlent à travers les pratiques et les collections des musées, y compris la présence des peuples autochtones dans les musées canadiens. Comment les musées de la région de l’Indo-Pacifique peuvent-ils contribuer à la réconciliation et à l’engagement des peuples autochtones dans la diplomatie interpersonnelle ?
Pour ceux qui participent via Zoom, veuillez noter que la participation virtuelle sera possible de 9h à 12h. La session des étudiants diplômés se déroulera uniquement en présentiel.
Programme
8h30-9h00 – Ouverture des portes
9h00-9h25 – Discours d’ouverture
9h25-9h45 – Discours principal : Parlement, musées et lutte pour la souveraineté culturelle
10h00-12h00 – Tables rondes 1 et 2 de la conférence académique
12h00-13h00 – Déjeuner
13h00 à 14h00 – Session des étudiants diplômés
Discours principal : Parlement, musées et lutte pour la souveraineté culturelle
Robert-Falcon Ouellette
Cette présentation explore les dimensions politiques et spirituelles de la pratique muséale dans le contexte des droits des Autochtones et de la réconciliation. En tant qu’ancien député et gardien du savoir cri-métis, je réfléchis à la manière dont des institutions telles que les musées et les assemblées législatives s’entrecroisent dans la lutte pour déterminer qui a le droit de contrôler, d’interpréter et de préserver le patrimoine culturel autochtone.
Les musées sont souvent perçus comme des espaces neutres dédiés à la science, à la classification et à la préservation. Pourtant, pour de nombreux peuples autochtones, ces institutions détiennent des objets qui ne sont pas simplement des « artefacts » : ce sont des parents vivants, imprégnés de l’esprit, de l’attention et de l’intention de leurs créateurs. L’amour, le chagrin et la protection qui imprègnent ces objets les rendent plus que de simples éléments de la culture matérielle : ce sont des êtres spirituels. Leur absence peut constituer une perte profonde et durable pour les communautés, perturbant la continuité de la culture, de l’identité et des pratiques cérémonielles.
Au cours de mon mandat au Parlement, j’ai défendu cette idée en faisant avancer le projet de loi C-91 (Loi sur les langues autochtones), le projet de loi C-92 (Services à l’enfance et à la famille) et le projet de loi C-391 sur le rapatriement. Ces efforts législatifs visaient à aligner les institutions canadiennes sur les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), en particulier les articles 11 et 31, qui affirment le droit des peuples autochtones à préserver et à contrôler leur patrimoine culturel.
Aujourd’hui, en tant qu’aumônier et gardien du savoir au sein des Forces armées canadiennes, je travaille avec les communautés des Premières Nations sur le rapatriement des restes humains, en veillant à ce que notre approche soit guidée par des protocoles spirituels. Cette expérience souligne la nécessité pour les musées de dépasser les modèles bureaucratiques ou scientifiques et de faire place au métaphysique, au cérémoniel et au sacré.
Cette présentation soutient que la réconciliation ne peut être réalisée par la seule politique. Elle exige que les institutions reconnaissent que de nombreux objets culturels incarnent l’esprit d’un peuple et qu’un véritable partenariat signifie respecter à la fois la souveraineté politique et spirituelle des nations autochtones.
Table ronde 1
Futuru Tsai
Cette présentation réfléchit au développement futur du Musée national de la préhistoire (NMP) à Taïwan, abordé dans une perspective décoloniale. En tant que nouveau directeur, j’ai réfléchi à la vision et à la mission du musée, en particulier à son double objectif axé sur la culture préhistorique de Taïwan et les cultures austronésiennes, y compris les peuples autochtones de Taïwan. Le lien entre la « culture préhistorique » de Taïwan et ses peuples autochtones est souvent négligé, ce qui conduit à un récit décousu entre les humains préhistoriques et les groupes autochtones contemporains. Les trois expositions permanentes du NMP – Préhistoire de Taïwan, Culture austronésienne et Histoire naturelle – présentent des lacunes importantes en termes de continuité et de pertinence. Cette présentation examine de manière critique ces lacunes, en explorant les structures coloniales qui les façonnent, notamment le colonialisme de peuplement de Taïwan, la politique universitaire et la gouvernance bureaucratique des musées. En outre, j’aborderai les possibilités pour le personnel du musée de remettre en question et de se libérer de ces contraintes structurelles.
Atsushi Nobayashi
Cette présentation examine plus d’une décennie de collaboration entre les communautés autochtones de Taïwan et le Musée national d’ethnologie du Japon. Lancé en 2007 à titre individuel, le projet s’est progressivement transformé en un atelier de travail, puis a fini par englober plusieurs groupes ethniques. Ces dernières années, les principaux participants ont été remplacés par des membres des jeunes générations, en particulier des adolescents et des jeunes adultes, ce qui suggère un processus de transmission intergénérationnelle et une évolution de la participation.
Tout au long de ces enquêtes collaboratives, le discours de la « décolonisation » a rarement été articulé, que ce soit par les communautés d’origine ou par les chercheurs impliqués. Les activités ont plutôt été motivées par un intérêt intellectuel commun pour l’observation et l’interprétation de documents historiques et par le désir d’établir une relation dialogique avec l’héritage ancestral à travers ces documents.
Le musée a joué le rôle de gardien de la culture matérielle et de plateforme de réflexion sur l’héritage intellectuel de l’humanité et de groupes ethniques spécifiques. Il est devenu un nœud de connexion qui facilite les rencontres entre les individus et les communautés au-delà des frontières ethniques et générationnelles.
Pei-Lin Yu, 余 琲 琳
L’engagement des peuples autochtones auprès des musées des nations anciennement colonisatrices s’inscrit dans le cadre plus large de la souveraineté et de l’autodétermination. Le développement des capacités numériques offre de nouvelles voies pour le rapatriement, la cogestion des données et des objets autochtones dans les musées, ainsi que des stratégies pour les musées détenus et gérés par des Autochtones qui renforcent l’exercice de la souveraineté. Les communautés autochtones ont été les « premières à adopter » les stratégies de souveraineté numérique dans lesquelles les détenteurs autochtones de la tradition et du patrimoine prennent le contrôle des données associées, et virtuelles ou s’engagent dans le rapatriement numérique dans lequel les musées partagent des archives et d’autres formes de connaissances. Cet article présente respectueusement des études de cas sur les collections autochtones du nord-ouest des États-Unis et les collections autochtones taïwanaises du Musée national d’ethnologie d’Osaka. Je propose ensuite des recommandations pour utiliser les méthodes numériques afin de renforcer les relations au sein et entre les musées canadiens, japonais et taïwanais et les communautés d’origine, de renforcer la résilience et la pluralité dans les stratégies de gestion et la communication avec les visiteurs des musées, et d’améliorer l’inclusivité dans la gestion par les musées des objets et des connaissances du patrimoine culturel autochtone.
Iwan Pelin
賽德克族有幸參與歐盟Taking Care計畫(2022~2024),這也是我接觸海外博物館的開始。透過這個計畫的操作,我們除了檢視博物館與文物流轉的殖民歷史外,在方法上更是從去殖民的方向做了更多的努力。因此,我想從這次的參與經驗,來討論賽德克族(族群)與博物館的關係。
首先是賽德克族與文物之間斷與不斷的裙帶關係,第二是博物館與館藏文物的守護與永續關係,第三是族群的策展與倫理關係,第四則是族群與博物館合作之下的知識迴流。希望可以從這四個面向中由淺入深地去反思原住民族與博物館之間的關係。
Table ronde 2
Liu Pi-chen
De plus en plus de pays accordent de l’importance à la relation entre les collections des musées et les peuples autochtones auxquels ces objets appartenaient à l’origine. L’amélioration de cette relation est devenue l’un des indicateurs de la décolonisation. Le Musée royal de l’Ontario (ROM) possède plus de 200 artefacts provenant des peuples autochtones de Taïwan, collectés entre 1871 et 1890 par le missionnaire presbytérien George Leslie Mackay pendant la période semi-coloniale qui a suivi l’ouverture des ports de Taïwan au commerce occidental (après 1858). En 1893, Mackay a ramené ces artefacts au Canada afin de présenter les résultats de son glorieux travail missionnaire. La liste d’inventaire de ces objets a été perdue et leurs descriptions sont incomplètes. En 2000, j’ai participé à un projet de recherche et d’exposition collaboratif entre les deux pays. Grâce aux connaissances et à la mémoire des groupes autochtones qui avaient interagi avec Mackay (Kavalan, Taokas, Atayal, Saysiyat et Pangcah/Amis), les artefacts ont été identifiés, ce qui a également permis à ces communautés de renouer avec cette collection.
Au cours des deux dernières décennies, cet engagement a été particulièrement important pour le peuple Kavalan, qui n’était à l’origine pas officiellement reconnu comme autochtone, et qui a redécouvert des techniques de tissage perdues grâce à ces artefacts. Ces techniques ont été utilisées pour retrouver et faire revivre les vêtements traditionnels et renforcer leur identité ethnique. Ainsi, le musée, qui était autrefois un site colonial d’exposition missionnaire, s’est transformé en un exemple de la manière dont les groupes autochtones marginalisés peuvent être autonomisés. En 2023, pour la première fois dans l’histoire, le chef (noble) et le pulingau (chaman) de la tribu Mudan Paiwan se sont rendus à l’université d’Édimbourg pour récupérer avec succès quatre crânes de guerriers provenant de sa collection. Des questions connexes, telles que les discussions sur le rapatriement des collections autochtones taïwanaises du ROM, sont également au centre de l’attention aujourd’hui.
Antoine Laugrand
Les rencontres coloniales avec les puissances chinoise et japonaise ont démêlé de nombreux fils des mondes autochtones de Taïwan. Le lin a cédé la place au coton et à la laine ; le tatouage a été interdit. Aujourd’hui, le peuple Atayal mène une vie moderne en mandarin et en vêtements urbains, mais un appel ancestral perdure. Le tissage ravive la mémoire. Un nouveau motif est apparu : l’utux en forme de losange, l’œil des ancêtres, qui veille sur les vivants et guide les défunts. Tissés dans le tissu, sculptés sur des objets et même tracés dans le béton, ces yeux sont devenus les symboles de la résilience des Atayal. En faisant revivre les pratiques de tissage et en renouant avec les textiles conservés dans les musées, dont certains ont perdu leur signification, les tisserands autochtones peuvent se réapproprier et renforcer leur patrimoine culturel et leurs connaissances. Des ateliers et des échanges entre artistes autochtones, conservateurs et anthropologues pourraient ouvrir de nouvelles voies et promouvoir le patrimoine culturel dans le cadre de collaborations muséales internationales. Les musées pourraient devenir des lieux non seulement de préservation, mais aussi de relations vivantes, de renouveau et de respect. Tissant à travers les générations et les océans, les artistes autochtones portent en eux la promesse d’une reconnexion avec leurs ancêtres.
Scott E. Simon
Depuis deux décennies, je mène des recherches auprès des peuples autochtones Seediq et Truku des hautes montagnes de Taïwan. Bien qu’ils s’identifient aux montagnes (dgiyaq), leur mode de vie basé sur la chasse et l’agriculture sur brûlis a depuis longtemps été remplacé par le travail sur les marchés du travail modernes. L’un des meilleurs moyens de recréer leur mode de vie antérieur consiste à analyser leur culture matérielle, que l’on ne trouve que dans les musées. Suivant le nouveau matérialisme en anthropologie, j’examine des artefacts provenant des groupes Seediq, Truku et Atayal apparentés, qui se trouvent dans des musées au Japon, à Taïwan et au Canada. Il s’agit principalement de tissages en ramie. Il y a également des objets fabriqués à partir de plumes et d’autres parties d’oiseaux, de peaux d’animaux et d’outils destinés à la capture d’animaux. Ces objets en disent long sur les sociétés qu’ils représentent et sur l’évolution créative par laquelle les humains intègrent la nature dans la culture partout dans le monde.
Frédéric Laugrand
Les chauves-souris sont des êtres nocturnes, discrets et furtifs. Les musées leur accordent souvent peu de place, tant en Occident que dans les mondes chinois et austronésiens, avec de rares exceptions. Ces animaux sont pourtant très souvent représentés sur une multitude d’objets ordinaires ou rituels, sur des temples et maisons cérémonielles. Leurs images font réagir et suscitent craintes, admiration ou fascination. Chiroptophilie et chiroptophobie s’entremêlent. Leurs substances -poils, dents, ossements, sang, excréments, chair- sont abondamment utilisées dans de multiples contextes : pharmacopée, échanges cérémoniels, initiations masculines, représentation politique, événements artistiques. En Asie du Sud-Est comme en Océanie, ces animaux sont consommés et jouent souvent le rôle d’emblèmes identitaires. L’agencéité des chauves-souris a-t-elle été peu interrogée du fait qu’en Occident ces animaux ne jouent qu’un rôle liminal et ont longtemps été associés à des forces démoniaques ? De nos jours, la bio-écologie montre le rôle majeur que jouent les chauves-souris, insectivores et frugivores, pour la reforestation, la pollinisation, la fertilisation des sols, l’élimination des insectes ravageurs et la préservation de la biodiversité dans tout le Pacifique.
Conférenciers
Iwan Pelin est membre de la nation Seediq, reconnue par l’État comme l’un des peuples autochtones de Taïwan en 2008. En 2015, elle a donné un cours sur les peuples autochtones de Taïwan à l’université Jingyi. Avec le consensus du Conseil tribal Seediq, elle a créé un programme de master en culture autochtone à l’université Jingyi, le premier programme de ce type axé sur les connaissances d’une seule nation autochtone. Il a été officiellement approuvé par le ministère de l’Éducation en 2018 et les admissions ont commencé en 2019. Le programme d’études est axé sur l’apprentissage de la culture traditionnelle, l’utilisation active de la langue autochtone dans l’enseignement et la réflexion sur les questions autochtones dans la société contemporaine. En outre, depuis 2022, elle est directrice du Centre de recherche sur les connaissances Seediq à l’université Jingyi, où elle dirige le personnel du centre et les populations autochtones dans la discussion et la collecte des connaissances traditionnelles Seediq. La même année, elle a commencé à collaborer avec le Musée national suédois de la culture mondiale, travaillant avec les conservateurs du musée pour mener des recherches sur les artefacts culturels Seediq. Elle a conduit les étudiants et les professeurs du programme de maîtrise en littérature de l’université Jingyi, ainsi que les membres de la communauté Seediq, à engager un dialogue avec des musées nationaux et internationaux et leurs collections, notamment sur le rapatriement des connaissances et la reproduction des artefacts.
Frédéric Laugrand est professeur ordinaire en anthropologie à l’Université catholique de Louvain et l’actuel directeur du Laboratoire d’anthropologie prospective (LAAP). Ses recherches portent sur les cosmologies autochtones, sur les missions religieuses ainsi que sur les rapports humains/animaux. Ses terrains sont menés au Canada et dans la zone austronésienne, principalement aux Philippines. Avec Jarich Oosten, il a édité des ouvrages dans le cadre de plusieurs séries bilingues (anglais/inuktitut) : Interviewing Inuit Elders; Inuit Perspectives of the Twentieth Century et Memory and History in Nunavut. Il est co-auteur entre autres de, Hunters, Predators and Prey. Inuit Perceptions of Animals (Berghahn Books, 2014) et de Inuit, Oblate Missionaries, and Grey Nuns in the Keewatin, 1865-1965 (MQUP, 2019). Avec A. Laugrand il a publié, Des voies de l’ombre. Quand les chauves-souris sèment le trouble (MNHN, 2023). Avec A. Laugrand, G. Tremblay, J. Tamang et G. Magapin, il a édité 24 ouvrages multilingues sur les savoirs de quatre groupes autochtones des Philippines (Ibaloi, Alangan, Iraya et Blaan) dans la collection verbatim : https://pul.uclouvain.be/collection/?collection_ID=116
Antoine Laugrand est chercheur postdoctoral et professeur à temps-partiel à l’Université d’Ottawa. Il est titulaire d’un doctorat en anthropologie à l’UCLouvain (Belgique, 2023). Spécialiste des peuples autochtones des Philippines, ses travaux portent sur leurs relations au territoire et à l’État, et comparent les systèmes fonciers d’occupation, de possession et de propriété. Il mène une anthropologie collaborative, travaillant en équipe avec des anthropologues et des partenaires autochtones, et a coédité une série de onze volumes Verbatim bilingues documentant les savoirs, récits et pratiques locales. Ses recherches ont donné lieu à de nombreuses publications sur les relations entre humains et non-humains : chevaux, cochons, oiseaux, serpents, esprits, ancêtres et chauves-souris chez les Blaan, les Alangan et les Ibaloy. Sa monographie Des nomades à l’arrêt a été publiée chez Academia en 2021. Il est également coauteur de la monographie Des voies de l’ombre. Quand les chauves-souris sèment le trouble, publiée au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris en 2023.
Pi-Chen LIU est chercheuse à l’Institut d’ethnologie de l’Academia Sinica Taiwan. Elle s’intéresse depuis longtemps à la domination masculine, à la (re)construction des sujets autochtones dans le Taiwan contemporain et aux connaissances écologiques traditionnelles de ces peuples autochtones. Elle mène des travaux de terrain dans les communautés matrilinéaires en mutation des Kavalan et des Pangcah/Amis depuis les années 1990. À travers ces ethnographies, elle examine comment la catégorisation et la conceptualisation du genre constituent un outil de pouvoir indissociable du processus de reproduction sociale (biologique, économique, politique, culturelle et cosmologique). Parallèlement, ses recherches portent sur les revendications des peuples autochtones de Taïwan en matière de justice historique et transitionnelle dans le cadre de la décolonisation. Elle a analysé comment les rituels chamaniques, les rituels de guérison et la divination interagissent avec les contextes historiques et sociaux externes en constante évolution à Taïwan et comment ils s’adaptent à ceux-ci. En réponse aux pressions extérieures, des éléments de la performance culturelle qui faisaient à l’origine partie de l’organisation interne des communautés ont été progressivement reconstruits sous forme de types de comportements (performances) soigneusement planifiés. Cela les a transformés en spectacles folkloriques ou en attractions écotouristiques et les a présentés à la société dominante comme un patrimoine culturel. Les peuples Amis/Pangcah et Kavalan préservent activement la diversité biologique, car de nombreuses plantes indigènes ont une signification particulière et une valeur existentielle dans leurs pratiques sociales et culturelles. Les rituels pratiqués par les chamans autochtones sur lesquels elle se concentre constituent un complexe important pour la construction de la signification des plantes.
Atsushi Nobayashi est professeur et directeur du département Globalisation et Humanité au Musée national d’ethnologie du Japon. Il est également professeur à l’Université supérieure des études avancées. Après avoir obtenu son diplôme à l’université de Tokyo, il a travaillé comme chercheur à la JSPS. Il a ensuite rejoint le Musée national d’ethnologie. Il a obtenu son doctorat à l’Université d’études avancées en 2002. Ses domaines de spécialité comprennent l’anthropologie, les études sur Formose et l’ethnoarchéologie. Ses recherches portent sur l’ethnicité des peuples autochtones de Taïwan, l’histoire évolutive des technologies humaines liées à l’adaptation écologique, ainsi que l’alimentation et les habitudes alimentaires à travers les civilisations. Parmi ses publications récentes, citons Paleoasia : The Formation of Modern Human Cultures (coédité, 2025, en japonais) et Contemporary Snacking : A Study of Human Diet from the Margins (édité, 2025, en japonais). Outre ses travaux universitaires, il a organisé des expositions au Japon et à l’étranger. Son prochain projet de conservation est « Formosa ∞ Arts : Contemporary Indigenous Art from Taiwan » (2025, Musée national d’ethnologie).
Robert Falcon Ouellette est originaire de la nation crie Red Pheasant, en Saskatchewan. Il est un organisateur communautaire et un éducateur dévoué. Il est actuellement professeur agrégé en éducation à l’Université d’Ottawa. Il est anthropologue et mène des recherches dans les domaines de l’éducation autochtone, de l’éthique militaire et des sciences politiques. Il a servi pendant 29 ans dans les Forces armées canadiennes, où il a occupé le poste de commandant de compagnie dans la 5e ambulance de campagne. Il est actuellement réserviste et a été le premier aumônier autochtone gardien du savoir dans l’histoire des Forces armées canadiennes. Il a récemment contribué à la création du nouveau Yellowquill University College, le seul établissement d’enseignement postsecondaire autochtone au Manitoba. Il est titulaire d’un doctorat et de deux maîtrises de l’Université Laval à Québec et n’est que le deuxième Autochtone à avoir obtenu un doctorat à Laval en 350 ans. Ancien député, il a obtenu, fait incroyable, le consentement unanime pour modifier le Règlement de la Chambre des communes afin d’y inclure et d’y interpréter pleinement les langues autochtones. Il a été président du caucus autochtone, où il a contribué à faire évoluer la législation sur les services à l’enfance et à la famille et sur les langues. Il a également contribué à la transformation de l’institution gouvernementale afin de faire progresser la réconciliation. Il parle quatre langues et, surtout, il aime passer du temps à courir, à faire de la politique et à faire du canoë avec sa famille, tout en jouant de leurs instruments de musique.
Scott E. Simon, formé en japonais et en chinois, travaille dans le domaine des études est-asiatiques. Il a obtenu son doctorat en anthropologie à l’Université McGill et a effectué ses travaux postdoctoraux en sociologie à l’Institut de sociologie de l’Academia Sinica, à Taipei. Co-titulaire de la chaire d’études taïwanaises à l’Université d’Ottawa, il a vécu à Taïwan pendant dix ans et y retourne chaque année pour mener des recherches sur le terrain. Il a mené des recherches dans les communautés Seediq, Truku, Tao (Yami) et Han taïwanaises. Il a également mené des recherches sur le terrain en tant que chercheur invité au Musée national d’ethnologie au Japon et en anthropologie à l’Université de Guam. Ses recherches portent notamment sur les droits des peuples autochtones et les droits de l’homme, l’anthropologie juridique, la contribution de Taïwan à la région indo-pacifique, le statut international de Taïwan et les relations entre le Canada et Taïwan. Il a écrit quatre livres et de nombreux articles sur Taïwan. Son dernier ouvrage s’intitule Truly Human: Indigeneity and Indigenous Resurgence on Formosa (University of Toronto Press, 2024). Il a également coédité avec Frédéric Laugrand l’ouvrage Feathered Entanglements: Human-Bird Relations in the Anthropocene (UBC Press, 2025). Il mène également des recherches axées sur les politiques en tant que membre du Centre d’études sur les politiques internationales et du Centre de recherche et d’éducation sur les droits de la personne de l’Université d’Ottawa, et en tant que chercheur principal au Macdonald-Laurier Institute d’Ottawa.
Futuru Tsai est actuellement professeur d’anthropologie à l’Université nationale de Taitung et occupe le poste de directeur du Musée national de la préhistoire depuis le 1er août 2024. Il a occupé divers postes, notamment celui de membre du conseil d’administration de la Fondation du service public de télévision et de membre consultatif de Hakka TV. Les recherches du Dr Tsai portent notamment sur l’anthropologie visuelle, l’anthropologie historique, les rituels et les performances, le peuple Amis, les expériences de guerre des peuples autochtones de Taïwan pendant la guerre du Pacifique, les mouvements sociaux autochtones et la culture maritime du peuple Amis. Il a publié plusieurs ouvrages et produit de nombreux documentaires ethnographiques primés. Il est en outre membre du « Future Earth Taipei Ocean Working Group », qui se consacre à la promotion de la collaboration entre les connaissances écologiques traditionnelles (CET) marines autochtones et les sciences marines.
Pei-Lin Yu est responsable des relations avec les tribus pour le Corps des ingénieurs de l’armée américaine. Elle est également professeure associée d’anthropologie à l’université d’État de Boise et boursière Fulbright Senior Fellow. Yu a grandi au Nouveau-Mexique, aux États-Unis. Elle est titulaire d’une licence en anthropologie de l’université du Nouveau-Mexique, ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat de l’université méthodiste du Sud. Pei-Lin a travaillé comme archéologue fédérale, conservatrice de musée, pompier forestier, spécialiste du rapatriement tribal et coordinatrice du programme scientifique fédéral. Elle a enseigné l’archéologie et l’ethnoarchéologie à l’université d’État de Sacramento, à l’université du Montana et à l’université d’État de Boise. Pei-Lin a également travaillé avec le Dr Atsushi Nobayashi à Minpaku, où elle a étudié les connaissances agricoles écologiques et la culture matérielle des peuples autochtones de Taïwan. Elle étudie également les sociétés de chasseurs-cueilleurs, les transitions alimentaires néolithiques et la vulnérabilité des parcs nationaux américains au changement climatique. Yu participe à des partenariats de recherche avec des tribus amérindiennes et des chercheurs à Taïwan, en Thaïlande, au Canada, au Japon et en Chine.
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