
Date: 23 octobre 2025 - 13h00 à 14h30
Lieu: FSS 4004, 120 University Private, University of Ottawa
Présenté par le CÉPI et le Réseau en théorie internationale (RTI)
Presque toutes les actions cinétiques majeures dans les conflits s’accompagnent désormais d’une « onde de choc numérique » : un paysage informationnel en ligne qui résonne, émanant du lieu même de l’événement, depuis les individus qui publient sur Facebook pour appeler à l’aide afin de secourir des membres de leur famille ensevelis sous les décombres, jusqu’aux proches vivant dans la diaspora qui publient des messages sur leurs proches tués en une seule frappe, en passant par les images publiées en ligne par des journalistes qui capturent l’étendue des destructions causées par la guerre urbaine. Malgré la richesse des informations disponibles sur les réalités du champ de bataille aujourd’hui, les États et les armées ont souvent une capacité ou une volonté limitées à exploiter de manière significative ces sources essentielles pour reconnaître ou comprendre les dommages causés aux civils par leurs propres actions. Cela a créé un décalage entre les dommages de la guerre tels que rapportés par les citoyens et accessibles au public mondial, et le discours sur une guerre légitime et précise, tel que promu par les principales armées et nations contributrices d’armes dans le monde. Cette conférence présentera la position unique de l’organisation Airwars, qui surveille les dommages causés aux civils, confronte et engage le dialogue avec les responsables de ces dommages, tout en préservant et en donnant un sens au chaos de l’information en temps de guerre. Cette conférence proposera que pousser les États à reconnaître les dommages causés par leurs propres actions est une étape cruciale et fondamentale pour tous les efforts visant à améliorer les politiques d’atténuation et de réponse aux dommages causés aux civils, à ouvrir la voie à la responsabilisation des survivants et des victimes, et finalement à changer les normes dans le contexte actuel de plus en plus dangereux et militarisé.
Conférencière :
Emily Tripp est directrice générale de l’organisation britannique Airwars, qui surveille les dommages causés aux civils. Avant de rejoindre Airwars, Emily a mené une carrière dans le domaine de l’aide humanitaire. Elle a principalement vécu et travaillé au Moyen-Orient, où elle a dirigé des équipes chargées de la collecte et de l’évaluation de données dans des contextes très instables. Après avoir pris la direction de l’organisation en 2022, Emily a supervisé le développement d’Airwars dans de nouveaux conflits, notamment en menant un travail substantiel et continu pour documenter les victimes civiles à Gaza, et a encouragé un engagement direct avec les acteurs militaires responsables de dommages causés aux civils, en se concentrant principalement sur les États-Unis. Airwars se situe à la croisée du journalisme d’investigation, des droits humains, de la politique et de l’aide humanitaire, avec pour mission de veiller à ce que les vies humaines soient reconnues, prises en compte et mieux protégées dans les conflits.
Présidente :
Nisha Shah est professeure agrégée d’études politiques à l’Université d’Ottawa et directrice associée du CÉPI.
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