Date: 14 avril 2026 - 12h00 à 13h30
Lieu: FSS 4004, 120 Université Privé, Université d\'Ottawa
Présenté par le CÉPI
L’approbation du Conseil de sécurité des Nations unies reste hautement souhaitable pour les pays envisageant une intervention militaire, en particulier ceux de tradition libérale et démocratique, car les opinions publiques nationales et internationales considèrent souvent cette approbation comme une condition sine qua non à la légitimité d’une intervention. Mais comment obtenir l’approbation du Conseil de sécurité lorsque des membres permanents disposant d’un droit de veto, tels que la Chine et la Russie, émettent de sérieuses réserves ? Recchia démontre que depuis le début des années 1990, lorsque les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont cherché à obtenir l’approbation du Conseil de sécurité face à une opposition farouche des autres membres permanents, ils n’ont pas pu compter uniquement sur leur influence économique et politique pour obtenir la résolution souhaitée ; ils ont dû, au contraire, combiner l’usage de cette influence avec des signaux crédibles indiquant qu’ils agiraient avec retenue et dans le respect des normes internationales fondamentales. Cela les a souvent obligés à accepter d’intégrer dans la résolution demandée des restrictions coûteuses quant à la portée et à la durée de l’action militaire. Recchia soutient que l’acceptation de telles restrictions sera cruciale à l’avenir si les pays puissants, y compris les États-Unis, souhaitent continuer à bénéficier de la légitimité conférée par l’approbation de l’ONU dans un contexte de concurrence accrue entre les grandes puissances.
Conférencier :
Stefano Recchia (titulaire d’un doctorat de l’université Columbia) est titulaire de la chaire John G. Tower en politique internationale et professeur titulaire de sciences politiques à la Southern Methodist University (SMU) de Dallas, au Texas. Ses travaux de recherche et son enseignement portent principalement sur la politique et l’éthique de l’intervention militaire, la coopération multilatérale en matière de sécurité, ainsi que la politique étrangère et de défense des États-Unis. Il est l’auteur de deux ouvrages : Strategies for Approval: Building Support for Military Intervention at the UN Security Council (Yale University Press, 2025) et Reassuring the Reluctant Warriors: U.S. Civil-Military Relations and Multilateral Intervention (Cornell University Press, 2015). Il a par ailleurs publié de nombreux articles dans des revues prestigieuses, notamment International Studies Quarterly, International Theory, le Journal of Politics, le Journal of Strategic Studies, la Review of International Studies et Security Studies. Il a bénéficié de nombreuses bourses, notamment de la Brookings Institution, du Dickey Center du Dartmouth College, de l’Institut universitaire européen et de la Harvard Kennedy School.
Présidente :
Alexandra Gheciu est professeure à l’École supérieure des affaires publiques et internationales (ÉSAPI) et directrice du CÉPI.