Date: 13 mars 2023 - 12h00 à 13h30
Lieu: FSS 4004
Présenté par le CÉPI
Cet exposé se concentre sur les opérations de surveillance coercitive ou intrusive à grande échelle menées par les services secrets et les acteurs privés et se demande dans quelle mesure leurs activités sont contrôlées et réglementées de manière adéquate par les autorités nationales de surveillance. Dans les pays les plus puissants (États-Unis, Royaume-Uni et France), l’existence même de mécanismes de surveillance indépendants est contestée. Les affaires étrangères secrètes ne peuvent être démocratisées. Les dérapages sont inévitables. L’impunité doit être tolérée, même dans les cas de torture. Le refus d’accepter l’existence d’un contrôle dans un cadre multinational (Five Eyes) est symbolisé par la règle du tiers qui exclut l’accès aux données » étrangères » par les superviseurs, même s’ils sont habilités au secret. Cette impasse a conduit à des violations des droits fondamentaux des personnes injustement ciblées par ces services en réseau. La confiance entre eux, promue comme une valeur essentielle, a été payée par une perte de confiance du public dans les institutions nationales (agences et organes de contrôle) soupçonnées d’être parfois plus favorables aux intérêts des services alliés qu’à leurs propres intérêts nationaux, ce qui crée un dilemme de légitimité.
Conférencier :

Le professeur Didier Bigo est maître de recherche en sociologie politique internationale à Sciences-Po Paris-CERI, France. Il est également professeur à temps partiel au King’s College London, département des études sur la guerre. Il est le directeur du Centre d’ Etudes sur les Conflits, la Liberté, la Sécurité (CECLS). Il est le co-éditeur de Cultures et Conflits- L’Harmattan-CECLS, ainsi que le co-éditeur de PPolitical Anthropological Research on International Social Sciences (PARISS).
Ses dernières publications incluent « Violence Performed in Secret by State Agents: For an Alternative Problematisation of Intelligence Studies » dans Problematising Intelligence Studies Towards A New Research Agenda; The Routledge Handbook of Critical European Studies (2020) ; « Adjusting a Bourdieusian Approach to the Study of Transnational Fields » ; et une publication en libre accès Data Politics Routledge.
Modératrice :
Rita Abrahamsen, directrice du CÉPI et professeure à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur la politique et la sécurité en Afrique, l’Afrique et les relations internationales, la théorie postcoloniale, ainsi que la droite mondiale.