L’un des lauréats 2025/2026 du concours Initiatives de recherche du CÉPI (IRC) est un projet de recherche consacré aux relations diplomatiques entre le Canada et l’Allemagne à l’occasion du 75e anniversaire de leurs relations bilatérales. Le principal résultat attendu sera un colloque de deux jours intitulé « 75 ans de relations diplomatiques entre le Canada et l’Allemagne ».

Ce projet impliquera les chercheurs du CÉPI suivants :

Description du projet :

Cette année, le Canada et l’Allemagne célèbrent le 75e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. Ce qui a débuté en 1951 par l’échange d’ambassadeurs entre Ottawa et Bonn, alors capitale de l’Allemagne de l’Ouest, était au départ un partenariat entre des parties inégales : L’Allemagne, pays divisé après sa défaite totale lors de la Seconde Guerre mondiale et accablée par le poids des crimes horribles commis par les nationaux-socialistes, cherchait à se réintégrer dans la communauté internationale : la République fédérale d’Allemagne (RFA, Allemagne de l’Ouest) s’orientait vers ses alliances occidentales sous la houlette des États-Unis d’Amérique, tandis que la République démocratique allemande (RDA, Allemagne de l’Est) s’orientait vers ses alliances orientales sous la houlette de l’Union soviétique. Le Canada, bien qu’ayant fait partie des Alliés victorieux lors des deux guerres mondiales, commençait tout juste à mener sa propre politique étrangère, c’est-à-dire une politique de plus en plus indépendante. La création de sa plus grande base militaire à l’étranger dans les villes de Lahr et de Baden-Baden/Söllingen, en Allemagne du Sud, en est devenue un élément important.

Depuis lors, les relations diplomatiques n’ont cessé de s’améliorer, débouchant sur un partenariat de grande confiance entre les deux nations, qui se traduit par une multitude de contacts et d’échanges, initiés et encouragés par l’accord culturel canado-allemand de 1975. Face à l’évolution du contexte géostratégique, marquée par un rééquilibrage des rapports de force et des relations tendues avec son plus proche allié, les États-Unis, le Canada s’est sensiblement rapproché de l’Union européenne dans les domaines de la sécurité, de la coopération numérique, de la résilience énergétique et du soutien à l’Ukraine. Dans ces relations, Bruxelles joue un rôle majeur, mais l’Allemagne aussi, en tant que plus grand État membre de l’UE et puissance économique.

Principal résultat attendu : colloque de deux jours sur les relations entre le Canada et l’Allemagne

Les 5 et 6 juin 2026, des universitaires et des professionnels se réuniront à l’Université d’Ottawa pour un colloque intitulé « 75 ans de relations diplomatiques entre le Canada et l’Allemagne ». Alors que les diplomates des deux pays ne cessent de souligner ce partenariat profondément enraciné, le renforcement de la collaboration suscite également des critiques, notamment dans le domaine de la coopération en matière d’énergie et de sécurité. Les Premières Nations ont exprimé leur opposition aux projets d’extension des infrastructures à travers le pays, tels que la construction de nouveaux pipelines traversant des territoires autochtones ou l’implantation de terminaux de chargement d’énergies fossiles dans des eaux maritimes écologiquement sensibles comme la baie d’Hudson. Les experts en marchés publics s’interrogent sur la faisabilité des budgets annoncés pour l’augmentation des achats de défense, estimant qu’ils seront difficilement réalisables, et sur le fait que des projets ambitieux, tels que l’adhésion au consortium sous-marin germano-norvégien-danois de Thyssen-Krupp Maritime Systems (TKMS), arriveront trop tard compte tenu de l’urgence de moderniser rapidement les forces navales canadiennes, comme l’a souligné un participant à la conférence soutenue par le CÉPI intitulée « Le Canada et le renforcement du pilier euro-atlantique : vers de nouvelles coopérations mini-latérales », organisée à l’Université d’Ottawa le 9 janvier 2026, s’est exprimé selon les règles de Chatham House. Enfin, en Allemagne, la montée en puissance de l’AfD (Alternative für Deutschland), parti d’extrême droite, a soumis le gouvernement et un certain nombre de ses politiques fondamentales à une pression croissante, et on ignore encore comment une implication grandissante de ce parti affecterait les futures relations étrangères de l’Allemagne, y compris avec le Canada.