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Par Gabrielle Bardall
Recommandations et rapport sur les conclusions de l’atelier, juin 2016
- There has never been a more vital time for Canada to support democracy and human rights in the world. The proliferation of semi-authoritarian states in the global south, the rise of right-wing Il n’y a jamais eu de moment plus vital pour le Canada de soutenir la démocratie et les droits de l’homme dans le monde. La prolifération d’États semi-autoritaires dans le Sud mondial, la montée du populisme de droite en Europe et aux États-Unis, et les conflits interminables dans les pays du monde entier menacent la stabilité mondiale et la confiance dans les processus et les institutions démocratiques.
- L’affaiblissement de la démocratie et l’instabilité politique mondiale mettent gravement en péril la politique étrangère du Canada, sa sécurité et sa prospérité intérieure. Parmi les nombreux outils de politique étrangère dont dispose le Canada, le soutien à la démocratie à l’étranger est l’une des contributions les moins coûteuses et les plus efficaces que le pays puisse apporter pour résister à ces forces, défendre les valeurs mondiales et protéger la sécurité nationale.
- Ce rapport combine la recherche comparative avec les idées partagées lors de « Le rôle du Canada dans la promotion de la démocratie », un atelier organisé par un chercheur de la Fondation Pierre Elliott Trudeau et le Centre d’études en politique internationale (CÉPI) de l’Université d’Ottawa en juin 2016, afin de fournir une analyse et des recommandations. Le rapport décrit la capacité unique du Canada à atteindre les objectifs de promotion de la démocratie dans les relations internationales, expose quatre idées clés et formule une recommandation principale :
- La promotion de la démocratie est confrontée à une lacune.
- La promotion de la démocratie exige une expertise technique.
- La promotion de la démocratie requiert de l’expérience et de l’introspection.
- La promotion de la démocratie et le soutien du Canada à la gouvernance inclusive à l’étranger doivent:
- Maximiser les forces des organisations existantes actives dans les domaines prioritaires
- Combler les lacunes dans la mise en œuvre institutionnelle afin d’atteindre les objectifs prioritaires
- Plaider sur la scène internationale en faveur d’éléments spécifiques de la gouvernance inclusive.
- Recommendations. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement canadien devrait envisager la création d’une organisation spécialisée et (semi-)autonome qui rassemblerait l’expertise, l’expérience et les enseignements tirés dans un place et les appliquerait intelligemment à des objectifs stratégiques. Cet organisme aurait pour mandat de coordonner, de mettre en œuvre et de défendre la promotion de la gouvernance inclusive à l’étranger.
- Le succès du travail pour promouvoir la gouvernance inclusive dépendra de plusieurs éléments : des objectifs clairs ; un mandat fondé sur les droits ; la promotion de la diversité, des programmes réactifs, fondés sur la recherche et axés sur l’innovation ; une analyse multisectorielle et une approche financièrement stable à long terme. L’inclusivité doit se refléter dans la conception du programme ainsi que dans ses résultats, en mettant l’accent sur le leadership et la responsabilité au niveau local. Les domaines d’intervention doivent à la fois refléter les groupes historiquement marginalisés et travailler de manière constructive avec les oppositions idéologiques. Les pays devraient être ciblés en fonction de considérations telles que le type de régime, les sous-domaines (fédéralisme, renforcement parlementaire, administration électorale, participation des femmes, droits des autochtones, multiculturalisme et multipartisme inclusif) et les liens historiques ou stratégiques. Unir l’expertise et l’expérience de cette manière permettra de mieux cibler les programmes, d’améliorer la coordination et de renforcer la spécialisation. Une telle structure serait mieux à même d’assurer la réactivité et la souplesse institutionnelles, ainsi que de protéger la neutralité politique et de susciter un soutien multipartite. Une organisation consolidée établirait une plateforme de plaidoyer et d’éducation sur la question et faciliterait les partenariats multilatéraux.
- Soutenir la démocratie dans le monde est un investissement peu coûteux et à fort impact dans la croissance et les valeurs canadiennes. La gouvernance démocratique inclusive – et la paix et le bien-être public qu’elle facilite – génère des sociétés plus saines, des partenaires commerciaux prospères et un monde plus sûr. Le Canada a un rôle unique à jouer dans la réalisation de cet objectif. Le moment n’a jamais été aussi critique pour le Canada de s’affirmer comme un leader dans la défense des valeurs démocratiques dans le monde.
Gabrielle Bardall est spécialiste principale des questions de genre à la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) et chercheuse au Centre d’études politiques internationales (CÉPI). Elle est diplômée de l’Université McGill (B.A.), de l’Institut d’études politiques de Paris (M.A.) et de l’Université de Montréal (Ph.D.).