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Par Peter Jones
Une note de synthèse du CÉPI, juin 2026
En bref…
- Le Premier ministre Carney a abordé la question de l’antisémitisme dans un discours prononcé le 1er juin 2026, mais il a essuyé les critiques de certains dirigeants juifs qui estiment qu’il n’est pas possible de faire la distinction entre l’antisémitisme et la critique d’Israël.
- La question qui se pose donc est la suivante : le rejet du sionisme est-il antisémite ?
- L’auteur soutient que le rejet du droit d’Israël à exister sur la base du sionisme historique est antisémite, car il nie le droit légitime, reconnu par l’ONU, du peuple juif à disposer d’une patrie qui vivrait en paix avec ses voisins dans une partie de la Palestine.
- Mais il soutient également que le rejet du sionisme tel qu’il a évolué sous l’impulsion de la droite israélienne n’est pas antisémite : il s’agit du rejet d’une idéologie qui nie violemment les droits légitimes d’autrui.
- Les sondages, qui révèlent une baisse constante du soutien à Israël au sein de l’opinion publique canadienne, illustrent ce point. Si certains peuvent être motivés par l’antisémitisme, la majorité des Canadiens qui se détournent d’Israël continuent de soutenir son droit à l’existence.
- Exiger des Canadiens qu’ils appliquent la définition de l’antisémitisme de l’IHRA en tant que politique nationale, et qu’ils en viennent ainsi à accepter sans réserve les politiques expansionnistes d’Israël à Gaza et en Cisjordanie comme des actes légitimes de légitime défense, aura pour effet final d’affaiblir le soutien à Israël au Canada, et non de le renforcer.
Peter Jones est professeur titulaire à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa, ainsi que directeur général d’Ottawa Dialogue. Il est titulaire d’un doctorat en études sur la guerre du King’s College de Londres et d’une maîtrise en études sur la guerre du Collège militaire royal du Canada. Avant de rejoindre l’Université d’Ottawa, il a occupé pendant sept ans le poste d’analyste principal au Secrétariat de la sécurité et du renseignement du Conseil privé du Canada, puis a travaillé pendant sept ans au ministère des Affaires étrangères du Canada. Il a également dirigé le projet sur la sécurité et le contrôle des armements au Moyen-Orient à l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) en Suède dans les années 1990. Peter anime des dialogues axés sur la résolution de problèmes à travers le monde et a publié ce qui est largement considéré comme l’ouvrage de référence dans ce domaine ; il publie également régulièrement dans les principales revues spécialisées.