Le 30 mars 2026, le Réseau de recherche sur le genre, la paix et le développement du Centre d’études en politiques internationales de l’Université d’Ottawa a organisé la projection du documentaire A War Movie (Casques bleuEs), un cinéma vérité qui porte sur le travail de policières canadiennes déployées au sein de l’équipe de police spécialisée des Nations
Le 30 mars 2026, le Réseau de recherche sur le genre, la paix et le développement du Centre d’études en politiques internationales de l’Université d’Ottawa a organisé la projection du documentaire A War Movie (Casques bleuEs), un cinéma vérité qui porte sur le travail de policières canadiennes déployées au sein de l’équipe de police spécialisée des Nations Unies chargée de lutter contre les violences sexuelles en République démocratique du Congo.
À titre de directeur du Programme des missions de paix internationales de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), j’ai été honoré d’assister à l’événement et de participer à la période de questions qui a suivi.
Dans le cadre de mon travail aux Missions de paix internationales, j’ai vu de mes propres yeux comment le travail policier peut servir de pont entre la sécurité et la confiance. Dans des contextes fragiles ou touchés par les conflits, la présence d’institutions policières légitimes et responsables constitue souvent l’un des indicateurs les plus clairs qu’un État progresse vers la stabilité. Le fait d’appuyer les services de police et de renforcer leur capacité à maintenir la primauté du droit peut contribuer à empêcher que des activités criminelles transnationales, des crimes graves et le crime organisé s’étendent au-delà des frontières, y compris jusqu’au Canada.
Les policiers canadiens contribuent à ces efforts non pas en imposant des solutions, mais en travaillant aux côtés de leurs homologues locaux, en partageant leur expérience, en renforçant les capacités et en soutenant les réformes adaptées aux collectivités qu’ils servent. Ce qui distingue l’approche du Canada, c’est notre capacité à unir nos forces policières.
Des policiers de services municipaux, provinciaux, autochtones et territoriaux ainsi que de la GRC sont déployés dans le cadre d’un programme commun appelé l’Arrangement sur la police civile au Canada. Ensemble, ils apportent un vaste éventail d’approches et de connaissances spécialisées à chaque mission. Cette diversité fait partie de nos forces : elle nous permet de nous adapter à des contextes complexes et d’offrir un soutien concret basé sur l’expérience, que ce soit dans le domaine de la police communautaire, du perfectionnement du leadership ou de la lutte contre des problèmes comme le crime organisé et la violence fondée sur le genre.
Comme on peut le voir dans le documentaire A War Movie (Casques bleuEs), les policiers canadiens affectés aux missions de paix jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre du Plan d’action national du Canada pour les femmes, la paix et la sécurité. Ils contribuent au développement d’institutions d’application de la loi efficaces et professionnelles qui respectent les droits des personnes, plus particulièrement ceux des femmes, des jeunes filles et collectivités marginalisées, protègent les civils contre la violence, y compris la violence sexuelle, et répondent aux besoins de la population locale. Accroître la participation des femmes aux missions de paix, c’est la bonne chose à faire et c’est judicieux.
Le Canada est un chef de file dans le déploiement de policières. Ce ne sont pas tous les pays participant à des missions de paix qui y affectent des femmes à des fonctions de première ligne. Nos policières, qui sont professionnelles, bien formées et compétentes, donnent l’exemple et offrent du mentorat aux policiers du pays hôte. De plus, certains policiers étrangers découvrent, en mission, le travail aux côtés de collègues féminines, ce qui les amène à élargir leurs horizons et à développer du respect pour l’apport des policières. Quant aux policières déployées, elles peuvent ainsi montrer leur savoir-faire et leurs aptitudes, tout en aidant à combler les écarts qui existent entre certaines communautés policières.
Nous reconnaissons l’importance de faire en sorte que les femmes occupent tous types de postes et de fonctions au sein des missions de paix, en particulier aux échelons supérieurs et de leadership. Nous cherchons activement à affecter des policières canadiennes à des postes supérieurs dans des missions. Nous cherchons également des occasions de former des policières à l’étranger où elles pourront participer à des missions de paix et de stabilisation.
Nos déploiements ont des effets positifs sur les communautés locales, mais ils nous apportent tout autant. Les policiers reviennent de mission avec une compréhension approfondie du contexte culturel, de la résilience et de l’incidence globale du travail policier dans la société. Ce genre d’expérience renforce nos institutions au pays et consolide les valeurs qui sous-tendent les services policiers canadiens, soit le professionnalisme, l’inclusion et le service.
Nos services de police partenaires qui participent à des missions de paix ont l’occasion unique à la fois de représenter le Canada à l’international et d’offrir des possibilités de perfectionnement à leurs employés. De plus, au moment de réintégrer leur corps d’attache respectif, les policiers qui reviennent de mission portent sur le monde un regard plus vaste et sont mieux à même de dialoguer avec des gens de cultures diverses.
La communauté policière canadienne croit qu’un monde plus sûr est garant d’un Canada plus sûr. Les pays instables sont propices à l’expansion de la criminalité. En aidant les services de police des pays hôtes à lutter contre la criminalité dans leurs collectivités, nos policiers peuvent contribuer à empêcher qu’elle s’étende chez nous.
Surintendant Rabih Abdallah est directeur des opérations de paix internationales au sein de la GRC. Il a participé à l’événement intitulé « Femmes au front : genre, conflit et maintien de la paix par l’ONU en RDC – Projection du film suivie d’une discussion », qui s’est déroulé le 30 mars 2026.








