Le crime va-t-il s’accomplir face à une communauté internationale silencieuse?

Le crime va-t-il s’accomplir face à une communauté internationale silencieuse?

Il semble que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont le procès pour corruption vient de s’entamer, ait décidé d’entamer l’expansion illégale de la souveraineté israélienne en Cisjordanie dès le mois de juillet, profitant aussi bien de l’indifférence de la communauté internationale aux prises avec la COVID 19 que des encouragements honteux de la Maison Blanche, sur fond de Plan Kushner. Fort de l’appui


Il semble que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont le procès pour corruption vient de s’entamer, ait décidé d’entamer l’expansion illégale de la souveraineté israélienne en Cisjordanie dès le mois de juillet, profitant aussi bien de l’indifférence de la communauté internationale aux prises avec la COVID 19 que des encouragements honteux de la Maison Blanche, sur fond de Plan Kushner.


Fort de l’appui de Donald Trump, Netanyahu a déclaré qu’il n’y avait jamais eu de moment plus propice dansl’histoire du pays pour enchâsser la souveraineté de l’État hébreu par des annexions accélérées. Le plan américain, qui n’a aucune légitimité et encore moins de légalité au titre des innombrables mais inefficaces résolutions des Nations Unies sur le Processus de Paix au Moyen Orient, prévoit l’extensionde la souveraineté israélienne sur environ 30 pour cent de la Cisjordanie. Or celle-ci, depuis 1947, en dépit des décennies de colonisation israélienne, est présumée devenir le territoire du futur Étatpalestinien. Il semble que La Fontaine ait eu raison et que « la loi du plus fort est toujours la meilleure », surtout quand on bénéficie de l’appui immoral du Président américain au détriment du droit international.


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Certes, le Département d’État américain fredonne que l’administration américaine rappellera les conditions du plan américain, à savoir la reprise des négociations israélo-palestiniennes. Mais là encore, qui s’attend à ce qu’en pleine campagne électorale aux États-Unis, Trump lève le petit doigt pour forcer Netanyahu à faire marche arrière, surtout qu’en vertu de l’accord de coalition entre ce dernier et son partenaire apprivoisé Benny Gantz, le Premier ministre peut entamer le processus d’annexion à partir du 1er juillet. L’alliance entre Gantz et Netanyahu ne peut que confirmer Trump dans sa volonté de laisser faire, quitte à renouveler hypocritement son invitation à une reprise des négociations.  

Quant aux pays arabes, qui s’acoquinent de mieux en mieux avec Israël, ils se contenteront de mobiliser l’inutile mais non adorable Ligue arabe dirigée par l’ancien ministre des Affaires étrangères d’Égypte, Ahmed Abul Gheit, pour que les remontrances usuelles et unanimes soient adressées aux nuages, avec fortes références aux résolutions comminatoires des Nations Unies. 

Jérusalem (photo de unsplash)

Pour les Palestiniens, victimes comme les Kurdes, d’une histoire défavorable, avec un soutien en peau de chagrin d’une communauté arabe plutôt velléitaire et divisée, la marche continue vers l’asservissement et des contrôles encore plus ravageurs pour chaque déplacement dans ce qui aurait dû être leur pays. Mahmoud Abbas peut bien dénoncer l’accord de coopération avec Israël dans le domaine de la sécurité, que d’aucuns ont vu comme une trahison envers la cause nationale, même ou parce qu’il permettait les transferts de fonds de la communauté internationale. Mais il n’a plus aucune marge de manœuvre et de moins en moins de crédibilité. Inexorablement, avec ou sans Kushner, la Palestine, qui n’existe plus depuis 1947, cessera même d’exister dans l’imaginaire.

Ce qu’il y a de plus tragique dans tout cela, c’est que le régime d’apartheid qui s’ensuivra sera intolérable car il n’y a plus de gauche en Israël pour défendre la cause palestinienne, du moins dans le monde politique. La preuve en est la disparition complète du parti Mapai de Ben Gurion ou des Travaillistes de Perez à la Knesset. 

Fort de l’appui de Donald Trump, Netanyahu a déclaré qu’il n’y avait jamais eu de moment plus propice dans l’histoire du pays pour enchâsser la souveraineté de l’État hébreu par des annexions accélérées.

Quand Netanyahu dit que c’est le moment idéal pour procéder à des annexions, malheureusement il a parfaitement raison. L’Union européenne qui, en principe, est la défenderesse des intérêts palestiniens, a perdu tout levier d’influence auprès de Washington sur pratiquement tous les plans et est confrontée tant à la COVID-19 qu’aux trémoussements de l’unification européenne, battue en brèche par le Brexit et les incartades illibérales des membres de l’Europe de l’Est. D’ailleurs, l’Occident politique est absent du Moyen Orient, la place étant occupée par la Russie, à peine gênée par les récriminations d’Erdogan. En fait, la seule manifestation de la puissance américaine chez leurs bons amis israéliens est la récente décision israélienne de renoncer au partenariat chinois pour la construction de la plus grande usine de désalinisation au monde. L’argent parle encore…

Et le Canada dans tout cela? Va-t-il persister dans son silence comme si de rien n’était? C’est difficile l’équilibre.


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